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Sous la surface du Leger

La Bretagne et ses fleuves côtiers

La Bretagne est la championne des fleuves côtiers qui se jettent avec majesté dans la Manche occidentale et la Mer Celtique. Cette rencontre entre le domaine terrestre et marin n’a rien de brutal. Au contraire. Il s’agit ici d’une entente à l’amiable entre le royaume halin et domaine des eaux douces. Un estuaire. Une zone de transition qui marie le meilleur des deux mondes aquatiques. C’est un lieu de vie pour les espèces qui excellent dans le mélange des genres (sans mauvais jeu de mot de classification du vivant).

Un bon exemple de ce milieu si particulier est le petit fleuve côtier du Leger (Léguer en français) dans les Côtes-d’Armor. Une source dans les tourbières proches de Bourbriac. Un voyage granitique plein nord pour rejoindre la Manche. Une fin de course du côté de Lannion. Le tout pour s’étirer sur 58 km. Un nain hydrographique me direz-vous ? Oui au regard d’autres fleuves français ou même bretons. Mais localement ce petit cours d’eau est maître des lieux, régissant les apports en eau pour les écosystèmes qui dépendent de ses mansuétudes et de ses caprices.

Le fleuve Leger près de son embouche à Lannion.

Une vie marine dans le fleuve

Cependant, ce qui nous intéresse ici est son embouchure, son estuaire entre terre et mer. Et ici nous ne parlons pas de cuisine sophistiquée (quoi que) mais de biologie. En prenant le temps de jeter un œil sous la surface des eaux (parfois) calmes du Leger près de Lannion le constat est surprenant. En fait pas besoin de maillot de bain et de braver l’eau fraîche. Il suffit d’attendre la marée basse pour déjà découvrir des espèces qui ont l’accent marin.

Des algues brunes que la Manche ne renierait pas étalent ainsi insolemment leur chevelure drue sur le moindre support assez dur pour les accueillir. Les ascophylles (comme Ascophyllum nodosum) se battent avec les fucales pour la moindre place au soleil.

Certaines espèces d’algues brunes vivent également dans les eaux salées du bord de mer.

Une autre végétation estuarienne particulière pointe le bout de ses excroissances chlorophyllées. Il ne s’agit plus ici d’algues mais de plantes. Et pas n’importe lesquelles : celles qui constituent les fameux prés salées, célèbres puits littoraux de carbone. L’emblématique salicorne, avec ses piques vert flashy, ne dit pas non à un petit bain saumâtre quand la marée monte. De son côté, l’obione avec ses petites feuilles forme tranquillement de jolies petites pelouses dignes d’un parcours de golf (mais en plus utile).

Je ne décris ici que ce qui est facilement observable depuis la berge. Mais sous les flots c’est toute une faune mobile addict aux milieux estuariens qui s’ébat avec notamment de nombreuses espèces de crustacés et de poissons. Parmi ces derniers, certaines espèces comme l’anguille sont même capables de s’accoutumer à n’importe quel type de salinité.

Sur les berges une végétation typique des prés salés se développe pour séquestrer naturellement toujours plus de carbone.

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