L’avion et la lune
Avec le saccage récent de l’épave du P38 Lightning au large de Saint-Cyr-sur-Mer, tout un tas de souvenirs me reviennent sur cet avion submergé de la Seconde Guerre mondiale qui occupe une place particulière dans ma petite vie de plongeur. C’est sur le P38 notamment que j’ai fait en 2009 ma première plongée sur épave, ma première plongée à 40 m (bon ok, 38 m) et ma première rencontre avec un poisson-lune.
L’intérêt de ce petit texte n’est pas de vous raconter ma vie inintéressante ou mes souvenirs émus d’une carcasse d’avion. Tout ceci n’est finalement qu’un prétexte pour vous parler de la vraie star : le poisson-lune ou môle (Mola mola).

Que venait donc faire cet imposant poisson osseux cosmopolite des eaux tempérées et tropicales sur un amas de tôle ? Tout simplement opérer un petit toilettage par une équipe de petits labres très expérimentés. Si vous n’êtes pas plongeur mais que vous naviguez un peu au large, les rencontres avec la bestiole sont quand même possibles. En effet, notre poisson-lune (ou sunfish en anglais) aime venir en surface pour laisser les rayons UV du soleil éradiquer les parasites de sa peau.
Côté repas, notre poisson en forme de disque affectionne un mets très particulier qui ne nous ferait pas saliver pour un sou : les méduses. Mais aussi d’autres espèces planctoniques ainsi que des calmars et des crustacés. Son corps massivement osseux lui permet dans sa forme adulte de ne pas figurer au menu des prédateurs capables de s’attaquer à une proie aussi grosse. Seuls les juvéniles de poisson-lune ont à craindre pour leur vie de ce côté-là.