Cimetière de bateaux

Le petit cimetière de bateaux de Paimpol dans le nord de la Bretagne donne à réfléchir sur le devenir des navires en fin de vie quelle que soit leur taille.

Le cimetière de bateaux de Paimpol au nord de la Bretagne exhibe ses carcasses de navires. Leurs entrailles sont exposées au regard curieux des passants. Loin de leur fringance passée, ces coques décharnées ne navigueront plus jamais. Le temps et les éléments marquent leur empreinte dans le bois et les métaux.

Ces quelques épaves bretonnes illustrent une problématique importante de l’environnement marin d’une ampleur tout autre. Que faire des embarcations une fois leur vie terminée ? Si la question est relativement triviale pour les quelques carcasses de bois de ces photos, il en est tout autre pour les navires de grande taille.

Du navire au déchet

Tout d’abord, d’un point de vue réglementaire, un navire en fin de vie est considéré comme un déchet. Il est donc régi par les conventions et les réglementations concernant le transfert des déchets. La Convention de Bâle, entrée en vigueur en 1992, interdit l’exportation de déchets dangereux vers des pays non membres de l’OCDE. Le hic c’est qu’il est possible de la contourner notamment dans le cas des grands navires de commerce.

Pour pallier à cette lacune importante, une nouvelle convention est mise en place par l’Organisation Maritime Internationale (OMI) en 2009. Elle s’est vue renforcée en 2013 par un règlement européen en 2013 pour les navires de plus de 500 tonneaux de jauge brute (un peu moins de 1 500 m3).

Voilà pour la partie théorique réglementaire sensée empêcher le démantèlement sans garantie environnementales et sanitaires et sociales pour les travailleurs. Mais qu’en est-il réellement ?

L’impact d’un navire mort

Dans le monde, le nombre moyen de navires de grande taille mis au rebut chaque année est compris entre 500 et 700. En considérant toutes les tailles ce chiffre s’élève à 3 000 embarcations. Les chantiers de démantèlement se concentrent à 90 % dans cinq pays : le Bangladesh, la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Turquie.

L’impact sur la santé et la sécurité des travailleurs des chantiers est important. Le nombre de décès lié à cette activité est en hausse depuis plusieurs années avec par exemple 24 morts sur un chantier du Bangladesh en 2019.

Sur le plan environnemental, l’exportation des navires pour démantèlement a aussi un impact majeur. Il en résulte le plus souvent plusieurs tonnes de déchets dangereux. Des contaminants sont également rejetés dans l’environnement terrestre et marin avec notamment des polluants persistants tels que les PCB, le mercure et le plomb. Ainsi c’est l’air, la mer, la terre, voire les nappes phréatiques, qui sont polluées durablement avec un fort impact pour la biodiversité.

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