Le corail rouge de Méditerranée

Découvrez le corail rouge, espèce sous-marine emblématique de la Méditerranée et sensible au changement climatique.

Dans les profondeurs de la Méditerranée il est un animal mythique dont le carmin aux teintes orangées rivalise avec les couleurs les plus éclatantes de la surface. Une bestiole étrange au corps torturé immobile parcouru par d’innombrables excroissances blanches. De multiples embranchements minéraux, le fruit de décennies de croissance dans l’ambiance feutrée des surplombs rocheux et des cavités sous-marines.

Je parle bien évidemment du corail rouge au nom scientifique peu surprenant de Corallium rubrum.

Une branche de corail rouge avec ses polypes blancs sortis dans les eaux marseillaises.

Et oui, il s’agit bien ici d’une authentique espèce de corail, cousine proche des espèces tropicales. Le corail rouge appartient donc à l’embranchement des cnidaires, au même titre que les méduses et les anémones. Il dispose donc d’un squelette calcaire dont la couleur varie du rouge au orange. Cette bestiole est en fait une colonie de polypes (blancs) dont les tentacules permettent de capturer le zooplancton de la colonne d’eau pour s’en repaître.

Pour aller observer le corail rouge il va falloir descendre un minimum dans les entrailles de la Méditerranée car il se développe entre 30 et 100 m de profondeur. La bébête est plutôt timide et favorise les substrats rocheux protégés de la lumière. Le corail rouge aime la proximité avec ses congénères et forme des amas qui peuvent regrouper plusieurs centaines de colonies. Cependant, son amour de ses semblables ne va pas jusqu’à la formation de récifs comme les espèces tropicales. Malgré cela le corail rouge fait partie des espèces structurant l’habitat du coralligène.

Le corail rouge aime se nicher sous les arches rocheuses pour profiter des courants pour se nourrir facilement.

Niveau croissance notre corail méditerranéen ne figure pas franchement parmi les champions. Sa croissance varie entre 1 et 8 mm par an. La taille moyenne des colonies est de 20 cm ce qui correspond à un âge compris entre 25 et 200 ans ! Les plus grandes colonies peuvent même atteindre 50 cm avec l’âge canonique qui l’accompagne.

Avec de telles vitesse de croissance, vous vous doutez que le corail rouge doit être laissé tranquille pour atteindre une taille respectable. Or ce cnidaire est depuis des millénaires l’objet du désir des êtres humains pour ses qualités ornementales. Pêché durant des siècles avec des engins détruisant les fonds marins (comme la croix de Saint-André), les populations de corail rouge ont globalement fortement régressé en Méditerranée.

En France, la pêche du corail est uniquement autorisée en scaphandre autonome et nécessite une autorisation de l’état, ainsi que le respect de quotas. En 2024, seuls 15 corailleurs (8 sur le continent et 7 en Corse) disposaient d’une autorisation pour récolter le corail rouge. Les conditions de plongée extrêmes des corailleurs (temps et profondeur importants) font que cette activité nécessite une certification de plongée professionnelle avancée. Les risques d’accident dans cette profession sont élevés.

Une roche couverte de corail rouge dans la baie de La Ciotat.

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