L’œuf et la méduse
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Parmi les êtres qui peuplent le bleu infini de l’océan se trouve une bestiole qui porte particulièrement bien son nom vernaculaire. Un rond jaune sur un fond blanc circulaire. Un plat rapide à la poêle. Un bonbon iconique. Je parle bien entendu de la méduse œuf-au-plat (Cotylorhiza tuberculata). Mais c’est quoi ce bidule au fait ?
Tout d’abord, grande nouvelle, c’est une méduse ! C’est-à-dire un cnidaire ou une cousine des coraux, des gorgones et autres anémones. La bête a la forme d’un grand sac qui contient principalement sa cavité gastrique. Son diamètre est de quelques dizaines de centimètres (40 cm maximum). Des tentacules très courts entourent sa bouche qui lui sert à se nourrir de plancton. Ils forment une dense forêt crépue jaune et blanche sous la coupole de notre méduse.

En plus de cet arsenal de petits tentacules, la méduse œuf-au-plat exhibe toute une armada de palpes labiaux aux extrémités violettes. Ces appendices constituent de véritables capteurs sensoriels qui permettent à l’animal de reconnaître son environnement.
En plus de son aspect particulier, ce cnidaire bizarre possède des spécificités étonnantes. Par exemple, il abrite dans ses tissus des zooxanthelles. Ces micro-organismes sont capables de faire la photosynthèse et ainsi de fournir à la méduse une source supplémentaire de nutriments. Les zooxanthelles vivent également en symbiose avec les espèces coralliennes (d’autres cnidaires) pour assurer la même fonction.

Une autre association originale de la méduse œuf-au-plat c’est l’abri qu’elle fournit à des espèces de poissons à leur stade juvénile. Ainsi, de jeunes bogues (Boops boops), des sérioles (Sériola sp.) et d’autres espèces vivent sous l’ombrelle de la bête au milieu des tentacules. Il est clair que cela leur fournit une défense contre les prédateurs qui hésitent à venir bousculer ce radeau piquant. En revanche, les avantages fournis à la méduse sont beaucoup moins évidents. Ils pourraient même être inexistants, les poissons s’apparentant alors à des parasites.
Dernier fait important, cette espèce n’est pas urticante pour l’être humain malgré ses cnidocytes. De plus, comme toutes les méduses, notre singulière bestiole fait partie des organismes planctoniques. Elle est donc à la merci des courants marins pour se déplacer et ne décide donc pas de son chemin et des endroits où elle atterrit.
