La légende des gorgones

Quand la biodiversité marine s’inspire des légendes antiques, cela donne les gorgones. Venez à la découverte de ces cousins des coraux.

Entre mythe antique et vie marine

Vous connaissez les gorgones ? Mais si ! Les trois sœurs chelou de la mythologie grecque : Euryale, Sthéno et la très célèbre Méduse. La bestiole avec des serpents à la place des cheveux et qui peut transformer en pierre les malheureux mortels qui croisent son regard. Non toujours pas ? Le monstre tué par Persée ? Et là ? Non plus ?

Bon ok. Vous connaissez peut-être mieux les gorgones qui vivent dans l’océan ? Mais si ! Les cousines très proches des coraux tropicaux. Des cnidaires quoi, au même titre que les méduses ou les anémones. D’ailleurs nous les appelons aussi coraux gorgone ou éventail de mer.

Une gorgone orange (Leptogorgia sarmentosa) au large de la presqu’île de Giens en Méditerranée.

Les gorgones ont souvent des courbes labyrinthiques qui donnent le tournis. Elles disposent d’ailleurs d’une souplesse digne des gymnastes olympiques grâce à leur squelette flexible dopé à la gorgonine. Il n’est nullement question ici du nouveau produit dopant en vogue dans le sport professionnel mais d’une protéine très complexe qui donne toute sa souplesse aux gorgones.

Entre souplesse et dureté

Et il faut être souple quand on est une gorgone pour se cramponner à son rocher et ne pas se faire embarquer par les courants marins. Pourquoi donc aller s’exposer au jus quand on ne peut pas y échapper ? Tout simplement parce que c’est comme se mettre bouche ouverte au bout d’un tapis roulant de bouffe. Les gorgones sont des feignantes. Elles attendent benoîtement que le plancton de la colonne d’eau « tombe » (coule ?) vers les polypes qui parsèment son squelette ramifié. Buffet à volonté sans effort garanti !

Détail de la structure délicate de la gorgone géante (Annella mollis) en Mer Rouge.

Les 1 200 espèces de gorgones recensées à ce jour peuplent quasiment toutes les mers tempérées et tropicales. Les plus téméraires s’aventurent jusqu’à 600 mètres de profondeurs. Par chez nous, au large des côtes méditerranéennes, les gorgones s’ébattent jusqu’à plus de 100 mètres, voire 200 mètres de fond.

Côté impact des activités humaines les gorgones s’en prennent franchement plein la tronche. Pêche professionnelle (chalut, filet) et récréative (lignes), pollution, enfouissement (à cause du clapage ou de travaux en zone littorale), et la liste est longue. A cela s’ajoute le changement climatique avec les épisodes de « canicules » marines qui peuvent mettre en péril des populations entières de gorgones. Cela concerne particulièrement celles se trouvant en profondeur qui ont besoin en permanence d’eaux relativement froides.

Une gorgone éventail (Gorgonia ventalina) dans sont environnement corallien en Guadeloupe dans les Caraïbes.

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