Arnaud Abadie

Arnaud est docteur en écologie marine et spécialiste des herbiers marins de Méditerranée. Scaphandrier professionnel et plongeur loisir régulier, il est également photographe subaquatique, ses thématiques favorites étant la biodiversité, l'apnée et l'impact des activités humaines sur les habitats marins. Arnaud est actuellement océanographe dans la société de cartographie sous-marine Seaviews à La Ciotat.

Dix questions à Sylvie Gobert

Sylvie Gobert est professeure et directrice du laboratoire d’Océanologie biologique à l’Université de Liège en Belgique, ainsi que directrice de recherche à la STARESO en Corse. A travers dix questions, Sylvie partage avec nous son parcours, son expérience à sa vision de l’évolution des sciences marines au cours des 30 dernières années.

Érosion et protection de la biodiversité marine

Le nombre d’espèces marines en voie de disparition ne cesse d’augmenter tandis que le club très fermé de celle en voie de récupération compte peu de membres. Certaines de ces espèces bénéficient de l’attention du public et des gouvernements et font l’objet de mesures de protection spécifiques. D’autres restent dans l’ombre et disparaissent sans bruit. Vous allez voir que l’humanité est moteur de disparition d’espèces marines depuis de nombreuses années mais également que certaines mesures de protection sont également très anciennes. Vous vous apercevrez aussi que les motivations de protection d’une espèces sont très variées et que le bilan de nos efforts de protection est plus que mitigé.

Le cycle de l’eau en Corse

Le cycle de l’eau est connu de tous. Son fonctionnement est un enseignement classique de l’école primaire et un phénomène que nous pouvons observer quasiment au quotidien. C’est le principal processus d’échange entre l’océan et le milieu terrestre. Les réserves d’eaux douces mondiales sont fortement liées à ces échanges tout comme un nombre important de nos activités comme l’agriculture ou la production d’énergie électrique. Quel meilleur exemple qu’une île au relief très marqué comme la Corse pour comprendre et illustrer ce processus ? Vous allez voir que le cycle de l’eau réserve encore de belles découvertes bien qu’il soit étudié depuis toujours et qu’il est un rouage essentiel des changements globaux initiés par le réchauffement climatique.

L’écologie du paysage sous-marin

Contrairement à ce que son nom plutôt abstrait pourrait faire penser, l’écologie du paysage est une discipline scientifique à part entière, créée il y a plus de 75 ans. Cette spécialité de l’écologie permet d’étudier la structure des biotopes terrestres et marins, et la répartition des organismes vivants afin de fournir aux gestionnaires des espaces naturelles et anthropisés une meilleure compréhension des processus en jeu. Cependant, si cette discipline scientifique est couramment utilisée en milieu terrestre pour des enjeux de conservation, il en est tout autrement en milieu marin où les informations sont beaucoup plus difficiles à obtenir. De ce fait, l’écologie du paysage en milieu marin reste encore peu appliquée dans un but de gestion et de conservation des écosystèmes océaniques.

Les récifs artificiels

Les récifs artificiels prennent de nombreuses formes selon leur utilité. Cependant, leur fonction d’agrégateur de vie marine n’est pas assurée lorsque les conditions environnementales ne s’y prêtent pas. D’autres récifs artificiels n’ont pas pour vocation première de générer une oasis de vie comme les récifs anti-chalutage, ou bien les récifs artistiques comme ceux composés de sculptures. Quelques exemples malheureux du passé nous ont également prouvé que la frontière entre récif artificiel et dépôt de déchets sous-marins est parfois mince, et que l’implantation de structures artificielles comme compensation des destructions engendrées par nos activités n’est pas une mesure suffisante.

La photogrammétrie sous-marine

La photogrammétrie. Derrière ce terme abscons se cache une technique utilisée couramment sur le plancher des vaches pour reconstituer des scènes en trois dimensions à partir de photographies. De nombreux domaines sont concernés par cette étonnante technologie dont notamment l’archéologie, la topographie et les visites virtuelles de monuments. Cette technique a connu des avancées fulgurantes ces dernières années grâce à l’évolution de la puissance de calcul informatique qui permet désormais d’utiliser la photogrammétrie pour cartographier les fonds marins et reconstituer en 3D des épaves englouties. Vous allez cependant voir que ce qui est relativement facile à réaliser sur terre l’est beaucoup moins sous l’eau.

STARESO

Nichée au pied de la Pointe de la Revellata dans la baie de Calvi en Corse, la station de recherches océanographiques et sous-marines (STARESO) est un lieu important de la recherche océanographique de l’île de beauté. Depuis plus de 50 ans les scientifiques de la station étudient les écosystèmes marins de la baie et plus largement du littoral corse. Les actions de la STARESO ne se limitent pas à l’ile. Des chercheurs venus des quatre coins du monde y réalisent des travaux scientifiques afin de mieux comprendre l’influence du changement climatique global sur les écosystèmes de Méditerranée. Je vous invite à une visite terrestre et sous-marine de ce haut lieu de la recherche scientifique en Corse qui n’a pas fini de faire parler de lui.